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Prix immobilier : la baisse gagne 8 grandes villes en octobre 2026

Les prix de l’immobilier reculent de 0,1 % à l’échelle nationale en octobre, selon le baromètre SeLoger-MeilleursAgents publié le 2 novembre 2026. Ce mouvement modeste cache une bascule : pour la première fois depuis le début de l’année, la baisse concerne 8 des 11 principales villes françaises. Rennes enregistre le recul le plus marqué, à -0,8 % sur un mois. Toulouse, Lille et Lyon restent en terrain positif. Dans un contexte où les taux de crédit remontent autour de 3,65 % sur 20 ans, les acheteurs retrouvent de la marge pour négocier, et les professionnels adaptent leurs stratégies de mise en vente.

À retenir en 30 secondes

  • Baromètre national : -0,1 % en octobre 2026, première baisse mensuelle de l’année.
  • 8 villes sur 11 en recul : Rennes (-0,8 %), Nice (-0,5 %), Montpellier (-0,3 %), Nantes, Marseille (-0,2 %), Paris, Bordeaux, Strasbourg (-0,1 %).
  • 3 villes résistent : Toulouse (+0,6 %), Lille et Lyon (+0,2 % chacune).
  • Taux de crédit à 3,65 % sur 20 ans, OAT 10 ans au-dessus de 4 %.
  • Volumes attendus par la FNAIM : 960 000 à 980 000 ventes sur 2026, soit +3 % vs 2025.

La baisse gagne 8 villes sur 11 : les chiffres d’octobre 2026

L’indice national des prix de SeLoger-MeilleursAgents affiche un repli de 0,1 % sur un mois en octobre 2026. Dans le détail, Paris, les dix plus grandes villes de province et les cinquante principales villes hors Île-de-France enregistrent le même recul mensuel. Un ajustement limité, mais qui marque une rupture après plusieurs mois de quasi-stabilité nationale.

La carte des évolutions locales reste contrastée. Huit des onze métropoles suivies voient leurs prix reculer en octobre. Les baisses les plus prononcées se concentrent sur des marchés qui avaient fortement progressé entre 2020 et 2023. À l’inverse, trois grandes villes gardent une dynamique positive, portées par une tension forte sur les biens disponibles. Les zones rurales conservent une légère hausse de 0,1 %, un périmètre toutefois différent des indices urbains qui portent sur les appartements.

Ville Évolution prix octobre 2026 Tendance
Toulouse +0,6 % Hausse
Lille +0,2 % Hausse
Lyon +0,2 % Hausse
Paris -0,1 % Léger recul
Bordeaux -0,1 % Léger recul
Strasbourg -0,1 % Léger recul
Nantes -0,2 % Recul
Marseille -0,2 % Recul
Montpellier -0,3 % Recul
Nice -0,5 % Recul marqué
Rennes -0,8 % Recul marqué
Source : baromètre SeLoger-MeilleursAgents, publication du 2 novembre 2026 (évolution mensuelle, appartements).

Toulouse, Lille et Lyon : les trois marchés qui progressent

Toulouse signe la plus forte progression du mois à +0,6 %. La ville rose profite d’un rattrapage : ses prix étaient restés en retrait de ceux des autres grandes métropoles en 2024 et 2025, ce qui attire désormais primo-accédants et investisseurs. Le dynamisme du bassin aéronautique et de la recherche entretient la demande, pendant que l’offre reste limitée dans les secteurs centraux.

Lille et Lyon progressent plus modestement, de 0,2 % chacune en octobre. À Lille, la dynamique confirme un marché résilient porté par l’essor de la métropole européenne, la demande étudiante et un résidentiel encore abordable. Les plateformes spécialisées relèvent une hausse de l’ordre de 2,3 % sur douze mois dans l’ancien. Lyon se stabilise après la correction entamée fin 2023, avec un prix moyen autour de 4 200 à 4 500 €/m² dans l’ancien.

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Le point commun de ces trois villes tient à une demande soutenue face à une offre contrainte. Les vendeurs y gardent la main sur le prix de présentation et les délais de vente restent inférieurs à la moyenne nationale.

Rennes, Nice et Montpellier : les baisses les plus marquées

Rennes enregistre le recul mensuel le plus net à -0,8 %. La capitale bretonne a vécu une envolée de ses prix entre 2017 et 2022, portée par l’arrivée de la LGV et l’attractivité économique. La correction qui s’opère depuis 2023 touche surtout les biens mal placés ou mal notés sur le plan énergétique. Les acheteurs négocient plus fermement et les agents observent un allongement des délais de vente sur les appartements au-dessus de 300 000 euros.

Nice recule de 0,5 % en octobre. Sur la Côte d’Azur, le marché résidentiel se heurte à une offre abondante dans l’ancien, à une fiscalité locale alourdie et à un segment étudiant moins porteur. Les biens de prestige trouvent preneurs, mais le segment intermédiaire, entre 400 000 et 700 000 euros, voit ses durées de vente se rallonger.

Montpellier cède 0,3 % sur un mois. Sur un an, la correction s’étire plus largement, autour de -1,6 % selon les observatoires spécialisés. La ville paie en partie le coût d’une offre neuve abondante, livrée au moment où la demande des investisseurs locatifs a reculé avec l’extinction du Pinel.

Pour les vendeurs de ces trois villes, l’évolution impose une discipline sur le prix de mise en vente. Un bien positionné 5 à 7 % au-dessus de l’estimation actuelle risque de rester invisible pendant plusieurs semaines. Une estimation immobilière fiable et récente devient un prérequis avant toute mise sur le marché.

Paris reste stable, loin de son record de 2020

À Paris, le prix moyen des appartements s’établit à 9 670 €/m² au 1er septembre 2026, selon les données SeLoger. La capitale affiche une évolution nulle sur un an et un recul de 2,8 % sur trois ans. Sur cinq ans, la décote atteint 10,5 %, un ajustement qui éloigne durablement les prix du pic de 2020.

Le loyer moyen s’inscrit à 33,27 €/m² pour un appartement et le rendement locatif brut moyen approche 4,1 % sur un T2. En octobre 2026, Paris cède 0,1 % sur un mois. La capitale a été la première à voir ses prix baisser au cours du cycle précédent, dès 2021 selon les professionnels. Les autres grandes villes ont suivi avec un à deux ans de retard. Aujourd’hui, Paris n’est plus seule à corriger : la baisse se généralise.

Pourquoi les prix baissent : le financement se durcit

Le mouvement baissier s’explique d’abord par le contexte de financement. Les taux de crédit immobilier sont repartis à la hausse au cours du second semestre 2026. Un prêt sur 20 ans se négocie en moyenne autour de 3,65 %, en hausse par rapport au creux observé au printemps. Dans le même temps, l’OAT 10 ans, taux de référence pour les emprunts d’État, a franchi le seuil des 4 %. Ce niveau pèse sur le coût de refinancement des banques et sur les taux proposés aux particuliers. Pour une mise en perspective, consultez notre analyse des taux de crédit immobilier à la rentrée 2026.

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Les établissements prêteurs resserrent par ailleurs leurs critères. Les chargés d’affaires ciblent les meilleurs dossiers : apport élevé, stabilité professionnelle, endettement maîtrisé. Pour comprendre les leviers d’optimisation disponibles, nous vous invitons à consulter notre analyse détaillée de la capacité d’emprunt immobilier en 2026, qui détaille la règle des 35 % et les marges encore accessibles.

La conséquence est mécanique : à mensualité égale, un ménage peut emprunter moins qu’il y a six mois. Le pouvoir d’achat immobilier s’érode et la demande se recentre sur les biens correctement positionnés. Les biens surestimés restent au catalogue plus longtemps, ce qui tire la moyenne des prix de transaction vers le bas. À ce facteur de financement s’ajoute une rentrée politique chargée : l’examen du projet de loi logement à l’Assemblée nationale et la trajectoire budgétaire pour 2027 entretiennent une forme d’attentisme chez une partie des acquéreurs.

Volumes de transactions : une reprise fragile

Malgré la baisse des prix, le marché n’est pas à l’arrêt. La FNAIM anticipe entre 960 000 et 980 000 ventes sur 2026, en progression d’environ 3 % par rapport à 2025. Une année 2025 déjà en nette reprise, avec une hausse de 12 % des transactions après le creux historique de 2024. Les Notaires de France publient des estimations plus prudentes, autour de 920 000 à 958 000 ventes selon les dernières projections.

Ce redémarrage reste fragile. Les volumes atteints en 2026 demeurent inférieurs aux 1 100 000 ventes enregistrées en 2021, au pic d’activité. Pour les agents immobiliers et les mandataires, l’enjeu porte désormais moins sur la rareté des mandats que sur la vitesse de rotation des stocks et la qualité des prix de présentation. Pour les professionnels qui arbitrent leur modèle, notre dossier sur les frais d’agence immobilière en 2026 détaille l’évolution des pratiques tarifaires.

Perspectives 2027 : retour à la négociation

À quoi faut-il s’attendre pour 2027 ? Les projections convergent vers un scénario de stabilisation, voire de redémarrage progressif. Les observatoires immobiliers tablent sur 980 000 à 1 000 000 de ventes dans le scénario médian, avec jusqu’à 1 million de transactions si les taux de crédit refluent en seconde moitié d’année.

Côté prix, les projections restent mesurées. La FNAIM table sur une évolution comprise entre +1 et +2 % sur l’ancien, les Notaires de France anticipent une stabilité autour de 0 %. Certains analystes privés évoquent une baisse limitée de -0,8 % sur un an, concentrée sur les biens mal classés énergétiquement et les zones détendues. Le facteur déclencheur du redémarrage reste le niveau des taux. Un retour sous 3 % sur 20 ans libérerait de la capacité d’emprunt pour les primo-accédants, avec un effet multiplicateur sur les volumes.

Dans ce contexte, la marge de négociation redevient un sujet concret. Selon les professionnels du secteur, elle oscille entre 3 et 7 % sur les biens classiques, et peut dépasser 10 % sur les passoires thermiques. Les acheteurs qui disposent d’un financement sécurisé et d’un apport solide retrouvent un pouvoir de négociation qu’ils avaient perdu entre 2020 et 2022.

Ce que ces chiffres changent pour vendeurs, acquéreurs et professionnels

Pour les vendeurs, la règle devient simple : le prix de mise en vente doit coller au marché actuel, pas à celui de 2022. Un décalage de quelques pour cent prolonge l’invisibilité du bien, avec un risque réel de dévaluation lorsque l’annonce traîne. Les professionnels recommandent une analyse comparative des biens vendus dans les six derniers mois, et non des biens encore en vitrine.

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Pour les acquéreurs, la fenêtre actuelle offre des conditions plus favorables qu’au cours des trois dernières années. La baisse des prix combinée à une marge de négociation retrouvée permet de capter des biens hier inaccessibles. Les investisseurs locatifs scrutent les zones où l’offre neuve pèse sur les prix, comme Montpellier ou certaines zones péri-rennaises, en vérifiant la cohérence du rendement avec les projections de loyer.

Pour les professionnels, enfin, l’automne 2026 impose une adaptation. Les agences qui pratiquent une sélection exigeante des mandats (prix de présentation réaliste, préparation du dossier technique, mise en scène du bien) sortent gagnantes. Les techniques de home staging adaptées à 2026 prennent ici tout leur sens, avec un impact mesurable sur la vitesse de vente.

Questions fréquentes

Les prix de l’immobilier vont-ils continuer à baisser en 2027 ?

Les projections convergent vers une stabilisation. La FNAIM anticipe une évolution comprise entre 0 et +2 %, les Notaires de France tablent sur une stabilité globale. Un recul limité reste possible sur les zones détendues et les biens mal classés énergétiquement, mais un repli national marqué n’est pas scénarisé dans les études publiées fin 2026.

Quelle est la ville française où les prix baissent le plus en octobre 2026 ?

Rennes affiche la plus forte baisse sur un mois, à -0,8 %, selon le baromètre SeLoger-MeilleursAgents de novembre 2026. Nice (-0,5 %) et Montpellier (-0,3 %) complètent le trio de tête des reculs les plus prononcés.

Dans quelles grandes villes les prix continuent-ils d’augmenter ?

Trois grandes villes gardent une tendance positive en octobre 2026 : Toulouse (+0,6 %), Lille et Lyon (+0,2 % chacune). Les zones rurales enregistrent une hausse mensuelle limitée, autour de +0,1 %.

Est-ce le bon moment pour acheter un bien immobilier ?

Le contexte est redevenu favorable aux acheteurs qui disposent d’un financement sécurisé. La combinaison de prix en léger recul et d’une marge de négociation de 3 à 7 % sur les biens classiques permet de capter de meilleures conditions qu’au cours des trois dernières années. L’arbitrage dépend du projet : zone, type de bien, horizon de détention.

Combien coûte le mètre carré à Paris en 2026 ?

Le prix moyen d’un appartement s’établit à 9 670 €/m² au 1er septembre 2026, selon SeLoger. Sur cinq ans, le prix a reculé de 10,5 % par rapport au pic de 2020. La maison individuelle, segment marginal dans la capitale, affiche un prix moyen de 10 101 €/m².

Pourquoi les banques durcissent-elles leurs critères de prêt en 2026 ?

La remontée des taux de refinancement, liée au niveau élevé de l’OAT 10 ans (au-dessus de 4 %), oblige les banques à sélectionner les dossiers pour préserver leur marge. Elles privilégient les profils avec apport élevé, stabilité professionnelle et endettement maîtrisé. Le taux moyen d’un prêt sur 20 ans s’établit autour de 3,65 % en novembre 2026.

Faut-il attendre 2027 pour vendre un bien immobilier ?

Attendre peut avoir du sens si le bien est situé dans une ville où la dynamique reste positive (Toulouse, Lille, Lyon). Dans les villes où les prix reculent (Rennes, Nice, Montpellier), un report ne garantit pas une meilleure valorisation à court terme. Un prix de présentation ajusté au marché actuel reste la meilleure stratégie pour vendre dans des délais raisonnables.