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Reprise du marché immobilier au printemps 2026 : ce que confirment les premiers chiffres

Le marché immobilier français a engagé sa reprise au premier trimestre 2026. Les compromis signés ont bondi de 36 % par rapport au quatrième trimestre 2025 selon le baromètre Interkab, les stocks à la vente repartent à la hausse et les prix nationaux se stabilisent. La Fédération nationale de l’immobilier table sur 935 000 transactions dans l’ancien sur l’année, soit une progression de 3 % par rapport à 2025.

Cette dynamique reste néanmoins fragile : le crédit immobilier marque le pas au printemps et certains territoires restent à l’écart du redémarrage. Voici ce que disent les chiffres du printemps 2026.

À retenir : volumes en forte hausse au T1 2026 (+36 % de compromis vs T4 2025), prix stabilisés à l’échelle nationale, stocks qui repartent (+3 %). Mais les banques resserrent à nouveau leurs conditions, ce qui pourrait freiner la reprise au S2.

Des volumes de transactions en forte hausse au premier trimestre

Les chiffres du baromètre Interkab publié en avril 2026 confirment l’accélération du marché. Sur les trois premiers mois de l’année, 48 872 compromis de vente ont été signés à l’échelle nationale, soit une progression de 36 % par rapport au quatrième trimestre 2025 et de 98 % sur un an. Le volume de transactions a ainsi quasiment doublé en douze mois.

Cette accélération s’accompagne d’un retour progressif de l’offre. Le stock de biens à la vente progresse de 3 % par rapport au T4 2025 après deux trimestres de recul, ce qui redonne de la fluidité au marché. Les délais de vente raccourcissent dans la plupart des grandes villes et la marge de négociation se resserre légèrement, à -5,3 % en moyenne entre prix affiché et prix final, contre -5,1 % au trimestre précédent.

Des prix qui se stabilisent à l’échelle nationale

La donnée la plus marquante du premier trimestre 2026 reste la stabilité des prix au mètre carré. À l’échelle nationale, ils affichent une progression de 0 % par rapport au T4 2025, une tendance désormais installée depuis près d’un an. Sur douze mois glissants, les indices notariaux relèvent un repli de 0,1 % seulement.

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Cette stabilité d’ensemble cache toutefois une dichotomie : les prix des appartements progressent de 0,2 % au T1 2026 quand ceux des maisons reculent de 0,2 %. Le segment maison subit encore l’effet du DPE et de la hausse des coûts énergétiques, là où l’appartement attire de nouveau les primo-accédants des grandes métropoles.

Aperçu des tendances par segment au T1 2026

Segment Évolution prix (1 an) Volumes (vs T1 2025) Tendance
Appartements anciens +0,2 % +98 % Reprise nette
Maisons anciennes -0,2 % +85 % Reprise progressive
10 plus grandes villes -0,3 % +45 % Stabilisation
Marché du neuf +1,1 % +12 % Sous tension

Une reprise contrastée selon les territoires

Le redémarrage ne profite pas à tous les marchés locaux dans les mêmes proportions. À l’échelle régionale, les hausses de stock vont de 1 % en Nouvelle-Aquitaine à 9 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce qui traduit des dynamiques très hétérogènes. Les métropoles attractives du Sud retrouvent un volume soutenu, tandis que la moitié nord-ouest enregistre une reprise plus mesurée.

Les dix plus grandes villes affichent un léger repli des prix au mètre carré sur un an. Paris, Lyon et Bordeaux poursuivent leur correction, là où Nantes, Toulouse et Marseille amorcent un rebond. Dans les zones tendues concernées par l’encadrement des loyers en 2026, l’investissement locatif continue de marquer le pas, même si les volumes de transactions sur le segment résidentiel principal repartent.

Les marchés ruraux et ceux des villes moyennes (Angers, Le Mans, Reims) affichent les plus fortes progressions de volumes, portés par le retour de la demande après deux ans d’attentisme.

Les facteurs qui soutiennent la reprise

Trois moteurs expliquent ce regain d’activité. D’abord, la normalisation des taux de crédit immobilier autour de 3 % à 3,2 % sur 20 ans, après le pic de 4,3 % atteint fin 2023. Ce niveau redonne de la solvabilité à une partie des ménages exclus du marché ces deux dernières années.

Ensuite, le retour de la demande différée. Les projets reportés depuis 2023-2024 reviennent en transactions effectives, ce qui gonfle mécaniquement les volumes. Le rétablissement du prêt à taux zéro 2026, élargi à la maison individuelle sur tout le territoire, redonne enfin du pouvoir d’achat aux primo-accédants. Côté frais d’acquisition, la hausse des frais de notaire en 2026 est compensée pour les premiers acheteurs par un dispositif d’exonération partielle.

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Les fragilités qui pourraient stopper l’élan

Plusieurs signaux invitent les professionnels à la prudence. Le crédit immobilier ralentit à nouveau au printemps : selon les courtiers, les banques ont resserré leurs conditions d’octroi en mars et avril, sous l’effet d’un coût de refinancement qui remonte. Si cette tendance se confirme, la production de crédits pourrait reculer au S2 et freiner la dynamique observée au T1.

Le facteur DPE pèse également sur le segment de l’ancien énergivore. Les biens classés F et G concentrent désormais la majorité des marges de négociation. L’interdiction de location des passoires thermiques en 2026 a basculé une partie du parc locatif vers la vente, ce qui contribue à gonfler l’offre, sans pour autant trouver preneur faute de capacité de rénovation chez les acheteurs.

Les professionnels du secteur estiment qu’un nouveau durcissement bancaire sur l’été pourrait amputer la croissance des transactions de plusieurs points sur l’année. La reprise reste conditionnée à un maintien des taux et à une demande qui ne s’essouffle pas après le rebond technique du T1.

Perspectives pour la suite de 2026

Les prévisions des principaux observatoires restent prudentes. La FNAIM anticipe une progression contenue des transactions sur l’année, autour de 3 %. L’office notarial 1803 parle d’une reprise progressive sous conditions, en soulignant le rôle déterminant des taux de crédit. Le baromètre Meilleurs Agents, lui, table sur un nouvel équilibre du marché plutôt que sur une envolée des prix.

Pour les acquéreurs, la fenêtre actuelle reste favorable : taux maîtrisés, choix élargi, marge de négociation encore présente. Pour les vendeurs, la stabilisation des prix invite à ajuster les attentes : les biens correctement positionnés se vendent, ceux affichés au-dessus du marché stagnent. Les professionnels du secteur s’accordent sur un point : la reprise est réelle : elle se mérite.

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Foire aux questions

Le marché immobilier est-il vraiment reparti en 2026 ?

Oui, les chiffres du premier trimestre confirment une reprise réelle des volumes : 48 872 compromis signés au T1 2026, soit une progression de 36 % sur un trimestre et de 98 % sur un an. Le redémarrage est tangible mais il reste contenu, avec des prix encore stables et un crédit qui se durcit.

Pourquoi les compromis signés progressent-ils si fortement au T1 2026 ?

La progression spectaculaire des compromis traduit principalement un effet de rattrapage. Les acheteurs avaient reporté leurs projets en 2023 et 2024 face à la flambée des taux. Avec un crédit revenu autour de 3 % et des prix stabilisés, ces dossiers reviennent en transactions effectives.

Les prix immobiliers vont-ils baisser en 2026 ?

Une baisse généralisée n’est plus envisagée par les principaux observatoires. La quasi-stagnation observée au T1 (-0,1 % sur un an) devrait se prolonger. Les prix peuvent encore reculer dans les grandes villes les plus chères et sur les biens énergivores. Une remontée modérée est attendue dans les métropoles régionales attractives.

Faut-il attendre encore pour acheter un bien immobilier ?

Le moment est globalement favorable pour les acquéreurs solvables : les taux sont stabilisés, le choix est plus large, la négociation reste possible. Attendre une nouvelle baisse des prix expose au risque d’une remontée des taux ou d’un durcissement bancaire qui érodera le pouvoir d’achat global.

Quelles régions tirent le mieux leur épingle du jeu ?

Les régions du Sud (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie) et l’Ouest (Pays de la Loire, Bretagne) affichent les meilleures dynamiques de volumes. Les villes moyennes attractives comme Angers, Le Mans, Reims ou Brest enregistrent les plus fortes hausses de stock et de signatures, portées par le retour des projets de résidence principale.

Le crédit immobilier va-t-il continuer à se resserrer ?

Les courtiers observent un durcissement progressif depuis mars 2026, lié au coût de refinancement bancaire. Si la tendance se confirme, l’octroi de crédit pourrait ralentir au S2. Pour sécuriser un projet, il convient de boucler son financement dès la phase de compromis et de comparer plusieurs établissements.